Élections présidentielles

Le président de la République française est le personnage le plus emblématique du pays. Il est à la fois chef des armées, de l’exécutif et de l’État. Son rôle est crucial pour la bonne marche de notre pays en général, et de l’ensemble de ses institutions en particulier. La période des élections présidentielles est un moment majeur de la vie du pays. Depuis 1962, les Français sont régulièrement appelés aux urnes pour choisir cette personnalité éminente. Ce dossier fait le point sur les caractéristiques à retenir de l’élection présidentielle ainsi que de la fonction de chef de l’État.

Les élections présidentielles en France sous la Vè République : les faits marquants

Avant la Vè République

La toute première élection présidentielle a été organisée sous la IIe République (et non la première !), au suffrage universel masculin. En 1848, les hommes seuls de nationalité française ont élu à une écrasante majorité Louis-Napoléon Bonaparte comme président. Ce scrutin direct est considéré comme une expérience démocratique. En effet, par la suite, les successeurs de Bonaparte seront élus à la majorité absolue des deux chambres du Parlement. Seuls les membres de la Chambre des Députés et du Sénat étaient alors habilités à élire le président de la République.

1962 : L’instauration du suffrage universel direct

Élu sous l’ancien système en 1958, Charles de Gaulle est le premier président de la Vè République. Cependant, la Constitution de cette nouvelle république est légèrement remaniée quatre ans plus tard. C’est un bouleversement majeur dans la vie politique française. En effet, l’ensemble des citoyens français majeurs et de chaque sexe est, depuis 1962, en mesure de choisir le premier personnage de l’État. La loi à ce sujet n’a pas changé depuis.

Les conditions pour devenir chef de l’État

Comment devenir président ? Il faut déjà postuler au titre de candidat ! Il est exigé pour ce faire de répondre à certaines conditions. Celles-ci peuvent être de fond ou de forme. 

Parmi les plus importantes conditions de fond, il est indispensable : 

  • d’être français et majeur de 18 ans ;
  • de ne pas avoir été déchu de ses droits civiques ou de ses droits d’éligibilité par une décision juridique ;
  • de ne pas avoir été placé sous tutelle ou curatelle ;
  • d’avoir rempli, le cas échéant, ses obligations en termes de service national.

 

Concernant les principales conditions de forme, le candidat doit obligatoirement : 

  • recueillir la signature d’au moins 500 élus, dont le mandat et la localisation géographique doivent être variés. Cette fameuse condition des parrainages, véritable casse-tête pour nombre d’aspirants à la plus haute fonction de l’État, vise à écarter les candidatures peu sérieuses ;
  • envoyer au Conseil Constitutionnel une déclaration de situation patrimoniale, portant sur l’ensemble de ses biens ;
  • remettre à cette même instance légale une déclaration d’intérêts et d’activités. Celle-ci permet de mettre en évidence d’éventuels conflits d’intérêts qui pourraient corrompre la fonction présidentielle ;
  • posséder un compte bancaire dédié à la campagne électorale, et tenir l’ensemble de ses comptes financiers. Il est ensuite nécessaire de déposer à terme un rapport précis de ceux-ci auprès d’une commission officielle de contrôle. Les financements, qu’ils soient privés ou publics, sont particulièrement réglementés et contrôlés.

Les modalités de l’élection du président de la République

Les élections présidentielles sont un enjeu crucial dans la vie du pays. Le processus électoral est donc d’une rigoureuse précision et parfaitement explicité dans l’ensemble de ses modalités. 

La durée du mandat

Jusqu’en 2000, le président de la République exerçait ses fonctions pendant une durée de sept années, celles-ci pouvant être renouvelées sans limite. Le référendum organisé cette année-là institue depuis une durée réduite à cinq ans, avec une unique possibilité de renouvellement consécutive. 

Le mode de scrutin

L’élection présidentielle est réalisée selon la procédure du scrutin « uninominal » (portant sur un seul nom) majoritaire, à un ou deux tours. Si un candidat obtient dès le premier tour la majorité absolue des voix, soit au minimum 50 % des suffrages exprimés plus une voix, il est immédiatement élu. A défaut, un second tour est organisé, afin de départager les deux candidats arrivés en tête au premier tour.

Les règles de la campagne électorale

Officiellement, la campagne électorale débute deux semaines avant le premier tour. Si deux tours sont organisés, elle aura donc une durée maximale de trente jours, puisque deux semaines séparent chaque tour. Dans la réalité, la compétition entre les candidats est beaucoup plus longue. En effet, ceux-ci font souvent connaître leur intention des mois, si ce n’est des années avant la date prévue du premier tour ! 

L’État garantit aux candidats une visibilité minimum dans la sphère publique, au travers des panneaux d’affichage visibles dans les rues, du temps d’antenne à la radio et à la télévision, ainsi que de l’envoi postal de leur profession de foi. Avant la campagne officielle, c’est le principe d’équité qui prédomine : les médias doivent accorder une visibilité aux candidats en fonction de leur représentativité. En revanche, durant la campagne officielle, l’égalité stricte de temps de parole entre les candidats est de mise. Internet est soumis aux règles du code électoral et des recommandations de la CNIL et du CSA. Par ailleurs, les instituts réalisant des sondages ont des obligations méthodologiques particulièrement strictes. La veille et le jour d’un scrutin, aucun sondage électoral ne peut être rendu public. 

Le déroulement du scrutin

Le jour du scrutin, sont appelés aux urnes tous les Français majeurs qui jouissent de leurs droits civiques (hors cas d’incapacité, comme une tutelle). Le premier tour a lieu entre trois et cinq semaines avant l’expiration des pouvoirs du président en place. Dans le cas où un deuxième tour est nécessaire (aucun candidat n’ayant réuni la majorité absolue des suffrages exprimés), celui-ci a lieu deux semaines plus tard. Parmi les deux candidats en lice pour cet ultime vote, est élu celui rassemblant la majorité des voix. C’est le Conseil constitutionnel, considéré comme une sorte de juge électoral, qui proclame officiellement les résultats de l’élection.

Le rôle et les compétences du président de la République

Le processus des élections présidentielles terminé, le chef de l’État élu détient un triple rôle, encadré par la Constitution :

  • Chef de l’État, il assure le fonctionnement des institutions françaises, en veillant au respect de la loi fondamentale du pays représentée par la Constitution. C’est aussi le garant de l’indépendance nationale. Nommant les ambassadeurs, il veille au respect des traités internationaux.
  • Chef des armées, il préside les réunions majeures de la Défense nationale, et décide seul de l’emploi de la force atomique.
  • Chef de l’exécutif, il nomme le Premier ministre et préside le Conseil hebdomadaire des ministres. Il promulgue les lois (en les décrétant valables et exécutoires) et signe les ordonnances (mesures prises par le gouvernement). Il peut dissoudre l’Assemblée nationale composée des députés élus au suffrage universel. Enfin, il a le pouvoir de soumettre au peuple un projet de loi à référendum.

Les Présidents de la Cinquième République

Charles de Gaulle

1959 - 1969

Georges Pompidou

1969 - 1974

Valéry Giscard d'Estaing

1974 - 1981

François Mitterrand

1981 - 1995

Jacques Chirac

1995 - 2007

Nicolas Sarkozy

2007 - 2012

François Hollande

2012 - 2017

Emmanuel Macron

2017 - Aujourd'hui
Actuel

Véritable moment fort de l’histoire de la France, les élections présidentielles sont un rendez-vous majeur durant lequel les citoyens se retrouvent devant leur destin et décident, au travers de l’élection de leur président, des orientations majeures de leur pays.